Rupture du contrat de travail
Le harcèlement devant les cours d'appel
Un tiers des affaires de rupture du contrat de travail portées devant les cours d'appel comportent une demande de dommages-intérêts pour harcèlement moral ou sexuel. Sur les 1 017 arrêts concernés (2024–2026, corpus vérifié arrêt par arrêt), l'indemnité médiane s'établit à 5 000 €, à peu près insensible au statut, au sexe et à la voie de rupture — et, lorsque l'issue du licenciement est identifiée, la nullité est prononcée dans près d'un cas sur trois.
Ce que recouvre ce rapport
Le harcèlement — moral ou sexuel — irrigue une part importante du contentieux de la rupture du contrat de travail. Lorsqu'un salarié conteste son licenciement, prend acte de la rupture ou demande la résiliation judiciaire de son contrat, il joint très souvent une demande de dommages-intérêts au titre du harcèlement subi.
Ce rapport isole, au sein du corpus le plus fiable de Themia (arrêts de cour d'appel notés Veriscore A), les 1 017 décisions qui comportent une telle demande, sur 2 977 arrêts au total. Il ne distingue pas le harcèlement moral du harcèlement sexuel : le poste de dommages-intérêts les regroupe.
Le rapport répond à plusieurs questions : combien la cour alloue au titre du harcèlement, quelle issue connaît alors le licenciement, et comment l'indemnisation varie selon le statut du salarié, son sexe, la voie de rupture empruntée et la cour d'appel saisie.
Le montant des dommages-intérêts pour harcèlement
Recalculé le 17 août 2026
Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon la voie de rupture
Part des affaires comportant un grief de harcèlement (moyenne du corpus : 34 %)
- Résiliation judiciaire — 73 % (44 sur 60)
- Prise d'acte — 69 % (18 sur 26)
- Licenciement, motif personnel — 34 % (914 sur 2 696)
- Licenciement économique — 31 % (29 sur 95)
- Requalification du contrat — 12 % (10 sur 80)
Le grief de harcèlement accompagne le plus souvent les ruptures prises à l'initiative du salarié — résiliation judiciaire, prise d'acte. Le licenciement pour motif personnel reste dans la moyenne, mais concentre, par son volume, la majorité des demandes. Le montant médian se tient autour de 5 000 € pour la plupart des voies — motif personnel, résiliation judiciaire, requalification, et 4 500 € pour la prise d'acte ; seul le licenciement économique ressort plus haut (8 000 €), sur un effectif modeste qui invite à la prudence. C'est d'abord la fréquence du grief, plus que le montant, qui distingue les voies de rupture.
- Autres demandes4 000 €
- Motif économique8 000 €
- Motif personnel5 000 €
- Prise d'acte de la rupture du contrat de travail4 500 €
- Réqualification du contrat de travail5 000 €
- Résiliation ou résolution judiciaire5 000 €
Recalculé le 17 août 2026
Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon le statut professionnel
Part des affaires comportant un grief de harcèlement (moyenne du corpus : 34 %)
- Cadre dirigeant — 50 % (25 sur 50)
- Cadre — 49 % (323 sur 656)
- Agent de maîtrise — 47 % (36 sur 77)
- Cadre intermédiaire — 35 % (27 sur 76)
- Employé — 35 % (460 sur 1 322)
- Technicien — 31 % (47 sur 152)
- Ouvrier — 14 % (83 sur 587)
Le grief de harcèlement est plus fréquent dans l'encadrement : un cadre dirigeant sur deux le soulève, contre un ouvrier sur sept. Le montant médian, lui, est remarquablement uniforme : autour de 5 000 € quel que soit le statut, de 4 750 € pour les ouvriers à 6 000 € pour les cadres intermédiaires. L'écart entre statuts porte sur la fréquence du grief, non sur le montant alloué.
- Agent de maîtrise5 000 €
- Cadre5 000 €
- Cadre dirigeant5 000 €
- Cadre intermédiaire6 000 €
- Employé5 000 €
- Ouvrier4 800 €
- Technicien5 000 €
Recalculé le 17 août 2026
Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon le sexe du salarié
Part des affaires comportant un grief de harcèlement (moyenne du corpus : 34 %)
- Femmes — 51 % (511 sur 999)
- Hommes — 24 % (394 sur 1 613)
Le grief de harcèlement est allégué deux fois plus souvent par des salariées, alors qu'elles sont minoritaires dans le contentieux de la rupture. Le montant médian est en revanche identique : 5 000 € de part et d'autre. La différence porte sur la fréquence du grief, non sur son montant.
- Féminin5 000 €
- Masculin5 000 €
Recalculé le 17 août 2026
Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon la cour d'appel
Part des affaires comportant un grief de harcèlement, par cour (moyenne du corpus : 34 %)
- Orléans — 69 % (53 sur 77)
- Grenoble — 56 % (29 sur 52)
- Toulouse — 53 % (65 sur 122)
- Colmar — 52 % (34 sur 65)
- Douai — 42 % (134 sur 323)
- Paris — 27 % (159 sur 599)
- Versailles — 23 % (43 sur 190)
- Aix-en-Provence — 21 % (91 sur 428)
- Besançon — 20 % (11 sur 56)
- Rouen — 19 % (14 sur 75)
Paris, Aix-en-Provence et Versailles — parmi les plus gros volumes du corpus — se situent sous la moyenne : elles jugent beaucoup d'affaires, mais le harcèlement y pèse proportionnellement moins. La carte ordonne les villes par volume brut (taille des cercles) ; ces écarts de proportion invitent à ne pas confondre nombre d'affaires et part du harcèlement dans le contentieux.
Paris concentre 23 % du volume cumulé — une fois et demie Douai.
- Volume du contentieux
- taille du cercle · 34 → 355
Recalculé le 17 août 2026
L'issue du licenciement dans les affaires comportant un grief de harcèlement
Issue du licenciement, parmi les décisions où elle est identifiée
- Licenciement justifié — 44 %
- Licenciement nul — 32 %
- Licenciement sans cause réelle et sérieuse — 24 %
Lorsque la cour statue sur le bien-fondé du licenciement dans une affaire comportant un grief de harcèlement, elle le juge fondé dans un peu moins d'un cas sur deux. Lorsqu'elle le censure, la nullité — la sanction la plus protectrice, qui ouvre droit à réintégration et écarte le barème de l'article L. 1235-3 du code du travail — l'emporte sur la simple absence de cause réelle et sérieuse : elle est prononcée dans près d'un cas sur trois parmi les issues identifiées.
Deux précautions de lecture. La nullité relevée ici n'est pas nécessairement prononcée au titre du harcèlement : la ventilation mesure l'issue du licenciement, non son motif d'annulation. Et cette issue n'est renseignée que pour une partie de la cohorte — les ruptures à l'initiative du salarié (prise d'acte, résiliation judiciaire) et les requalifications n'entrent pas dans cette grille ; les effectifs sont comptés au niveau des événements, non des arrêts.
- Licenciement justifié790 (44 %)
- Licenciement nul568 (32 %)
- Licenciement sans cause réelle et sérieuse434 (24 %)
Recalculé le 17 août 2026
Six arrêts parmi les indemnisations les plus élevées
Sélectionnés parmi les dossiers où le montant en jeu au titre du harcèlement est le plus élevé — la demande chiffrée pouvant dépasser la somme finalement allouée —, ces six arrêts ont été vérifiés un à un sur leur dispositif ; la somme accordée au titre du harcèlement moral figure sous chaque décision. Les issues s'étagent de zéro — demande écartée, ou réparation portée par la nullité du licenciement plutôt que par le poste harcèlement — à 80 000 €. Une demande chiffrée élevée ne préjuge pas de son succès : la reconnaissance du harcèlement dépend des éléments de preuve, non du montant réclamé.
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Commencer l'essai gratuitRecalculé le 17 août 2026
- Cohorte : 1 017 arrêts de cour d'appel notés Veriscore A — le plus haut niveau de fiabilité de Themia — parmi les 2 977 arrêts de ce corpus portant sur la rupture du contrat de travail. Sont retenues les décisions comportant un poste de dommages-intérêts pour harcèlement moral ou sexuel.
- Harcèlement moral et sexuel ne sont pas distingués : ils relèvent du même poste de réparation.
- Montants : ils agrègent ce qui figure au poste harcèlement des décisions ; selon les arrêts, sommes effectivement allouées et montants demandés peuvent s'y mêler. Les demandes écartées par la cour ne portent aucun montant : elles n'entrent pas dans les agrégats monétaires.
- Issue du licenciement : la ventilation justifié / sans cause réelle et sérieuse / nul n'est calculée que sur les décisions où cette issue est identifiable ; les ruptures à l'initiative du salarié et les requalifications en sont, pour l'essentiel, absentes. Une nullité n'y est pas nécessairement prononcée au titre du harcèlement.
- Effectifs : les ventilations sont calculées au niveau des événements d'indemnisation, plus nombreux que les décisions (un arrêt peut porter plusieurs postes). Les effectifs affichés reflètent donc des événements, non des arrêts.
- Période : la cohorte est circonscrite aux décisions rendues de janvier 2024 à juin 2026 ; le corpus reste trop concentré dans le temps pour autoriser une lecture d'évolution.
- Recalcul : les chiffres de ce rapport ont été recalculés le 17 août 2026 sur des annotations mises à jour et vérifiées ; ils peuvent différer d'une version antérieure du rapport.
Ce rapport a été produit avec l'assistance d'une intelligence artificielle générative, sous la direction scientifique de Christophe Quézel-Ambrunaz. Les chiffres et indicateurs sont calculés à partir du corpus Themia ; les interprétations restent à la charge du lecteur. Les références jurisprudentielles citées ont vocation à être vérifiées avant tout usage professionnel.
Au poste de dommages-intérêts pour harcèlement, la médiane s'établit à 5 000 € : la moitié des montants relevés lui sont inférieurs. La moitié centrale des montants se situe entre 3 000 € et environ 9 700 € ; un sur dix dépasse 15 000 €. La moyenne, proche de 7 600 €, est supérieure à la médiane : elle est tirée vers le haut par une minorité d'arrêts à forte indemnisation — jusqu'à 80 000 € dans l'échantillon présenté plus bas. Ces chiffres ne portent que sur les montants relevés au poste : les demandes écartées par la cour ne donnent lieu à aucun montant et n'y figurent pas. L'indemnisation typique du harcèlement reste donc modérée, concentrée autour de quelques milliers d'euros.