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Rupture du contrat de travail

Le harcèlement devant les cours d'appel : fréquence, indemnisation et profil du contentieux

Sur les 2 977 arrêts de cour d'appel du corpus le plus fiable de Themia (Veriscore A) en matière de rupture du contrat de travail, 1 017 comportent une demande de dommages-intérêts pour harcèlement moral ou sexuel. Combien la cour alloue, à quelle fréquence elle rejette, et selon quel statut, quel sexe, quelle voie de rupture et quelle cour d'appel.

1 017 décisions · Publié le 11 juin 2026

Le harcèlement — moral ou sexuel — irrigue une part importante du contentieux de la rupture du contrat de travail. Lorsqu'un salarié conteste son licenciement, prend acte de la rupture ou demande la résiliation judiciaire de son contrat, il joint très souvent une demande de dommages-intérêts au titre du harcèlement subi.

Ce rapport isole, au sein du corpus le plus fiable de Themia (arrêts de cour d'appel notés Veriscore A), les 1 017 décisions qui comportent une telle demande, sur 2 977 arrêts au total. Il ne distingue pas le harcèlement moral du harcèlement sexuel : le poste de dommages-intérêts les regroupe.

L'enquête répond à plusieurs questions : combien la cour alloue lorsqu'elle retient le harcèlement, à quelle fréquence elle écarte la demande, quelle issue connaît alors le licenciement, et comment l'indemnisation varie selon le statut du salarié, son sexe, la voie de rupture empruntée et la cour d'appel saisie.

Le montant des dommages-intérêts pour harcèlement

Au poste de dommages-intérêts pour harcèlement, la médiane s'établit autour de 4 800 € : la moitié des montants relevés lui sont inférieurs. La distribution est très étirée. Au moins un quart des montants sont nuls — harcèlement écarté ou demande rejetée à ce titre. À l'autre extrémité, les trois quarts des montants restent inférieurs à 15 000 €, et un sur dix dépasse 30 000 €. La moyenne, proche de 12 600 €, est supérieure à la médiane : elle est tirée vers le haut par une minorité d'arrêts à forte indemnisation. L'indemnisation typique du harcèlement reste donc modérée, tandis qu'un petit nombre de décisions atteint des montants très élevés.

30 200 €p900 €Q114 700 €Q34 800 €médiane
La moitié des observations s'étendent de 0 € à 14 700 € (médiane 4 800 €). .

Recalculé le 11 juin 2026

Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon la voie de rupture

Part des affaires comportant un grief de harcèlement (moyenne du corpus : 34 %)

  • Résiliation judiciaire — 73 % (44 sur 60)
  • Prise d'acte — 69 % (18 sur 26)
  • Licenciement, motif personnel — 34 % (914 sur 2 696)
  • Licenciement économique — 31 % (29 sur 95)
  • Requalification du contrat — 12 % (10 sur 80)

Le grief de harcèlement accompagne le plus souvent les ruptures prises à l'initiative du salarié — résiliation judiciaire, prise d'acte. Le licenciement pour motif personnel reste dans la moyenne, mais concentre, par son volume, la majorité des demandes. Le montant médian alloué reste stable, autour de 5 000 €, quelle que soit la voie : c'est la fréquence du grief, et non le montant, qui distingue les voies de rupture.

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Voie de ruptureMédiane · Dommages-intérêts pour harcèlement
  1. Autres demandes123 (12 %)6 000 €
  2. Motif économique447 (44 %)5 000 €
  3. Motif personnel11 853 (100 %)4 600 €
  4. Prise d'acte de la rupture du contrat de travail133 (13 %)5 000 €
  5. Réqualification du contrat de travail280 (28 %)1 600 €
  6. Résiliation ou résolution judiciaire269 (26 %)5 000 €
6 strates · 1 017 décisions au total.

Recalculé le 11 juin 2026

Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon le statut professionnel

Part des affaires comportant un grief de harcèlement (moyenne du corpus : 34 %)

  • Cadre dirigeant — 50 % (25 sur 50)
  • Cadre — 49 % (323 sur 656)
  • Agent de maîtrise — 47 % (36 sur 77)
  • Cadre intermédiaire — 35 % (27 sur 76)
  • Employé — 35 % (460 sur 1 322)
  • Technicien — 31 % (47 sur 152)
  • Ouvrier — 14 % (83 sur 587)

Le grief de harcèlement est plus fréquent dans l'encadrement : un cadre dirigeant sur deux le soulève, contre un ouvrier sur sept. Le montant médian alloué s'élève avec le statut, de 3 000 € (ouvrier) à 10 000 € (cadre dirigeant).

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Statut professionnelMédiane · Dommages-intérêts pour harcèlement
  1. Agent de maîtrise395 (39 %)5 000 €
  2. Cadre2 804 (100 %)6 000 €
  3. Cadre dirigeant230 (23 %)10 000 €
  4. Cadre intermédiaire259 (25 %)6 500 €
  5. Employé5 717 (100 %)4 100 €
  6. Ouvrier2 844 (100 %)3 000 €
  7. Technicien733 (72 %)5 000 €
7 strates · 1 017 décisions au total.

Recalculé le 11 juin 2026

Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon le sexe du salarié

Part des affaires comportant un grief de harcèlement (moyenne du corpus : 34 %)

  • Femmes — 51 % (511 sur 999)
  • Hommes — 24 % (394 sur 1 613)

Le grief de harcèlement est allégué deux fois plus souvent par des salariées, alors qu'elles sont minoritaires dans le contentieux de la rupture. Le montant médian alloué est en revanche quasi identique (hommes 5 000 €, femmes environ 4 300 €) : la différence porte sur la fréquence du grief, non sur son montant.

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Sexe du salariéMédiane · Dommages-intérêts pour harcèlement
  1. Féminin4 411 (100 %)4 500 €
  2. Masculin7 345 (100 %)5 000 €
2 strates · 1 017 décisions au total.

Recalculé le 11 juin 2026

Part des affaires comportant un grief de harcèlement selon la cour d'appel

Part des affaires comportant un grief de harcèlement, par cour (moyenne du corpus : 34 %)

  • Orléans — 69 % (53 sur 77)
  • Grenoble — 56 % (29 sur 52)
  • Toulouse — 53 % (65 sur 122)
  • Colmar — 52 % (34 sur 65)
  • Douai — 42 % (134 sur 323)
  • Paris — 27 % (159 sur 599)
  • Versailles — 23 % (43 sur 190)
  • Aix-en-Provence — 21 % (91 sur 428)
  • Besançon — 20 % (11 sur 56)
  • Rouen — 19 % (14 sur 75)

Les plus grandes cours en volume (Paris, Aix-en-Provence, Versailles) se situent sous la moyenne : elles jugent beaucoup d'affaires, mais le harcèlement y pèse proportionnellement moins. La carte ordonne les villes par volume brut (taille des cercles) ; ces écarts de proportion invitent à ne pas confondre nombre d'affaires et part du harcèlement dans le contentieux.

Paris concentre 25 % du volume cumulé — près de deux fois Aix-En-Provence.

ParisAix-En-ProvenceDouai
Volume du contentieux
taille du cercle · 235 → 2 797

Recalculé le 11 juin 2026

L'issue du licenciement dans les affaires comportant un grief de harcèlement

Issue du licenciement, parmi les décisions où elle est identifiée

  • Licenciement justifié — 53 %
  • Licenciement sans cause réelle et sérieuse — 37 %
  • Licenciement nul — 9 %

Invoquer le harcèlement à l'appui de ses demandes ne conduit que rarement à la nullité du licenciement — la sanction la plus protectrice, qui ouvre droit à réintégration et écarte le barème de l'article L. 1235-3 du code du travail : la cour ne la prononce que dans environ un cas sur onze où elle statue sur le bien-fondé du licenciement. Le plus souvent, elle s'en tient à l'absence de cause réelle et sérieuse ; dans plus de la moitié des cas, elle juge le licenciement fondé.

Deux précautions de lecture. La nullité relevée ici n'est pas nécessairement prononcée au titre du harcèlement : la ventilation mesure l'issue du licenciement, non son motif d'annulation. Et cette issue n'est renseignée que pour une partie de la cohorte — les ruptures à l'initiative du salarié (prise d'acte, résiliation judiciaire) et les requalifications n'entrent pas dans cette grille ; les effectifs sont comptés au niveau des événements, non des arrêts.

  1. Licenciement justifié6 991 (53 %)
  2. Licenciement sans cause réelle et sérieuse4 893 (37 %)
  3. Licenciement nul1 214 (9 %)
13 098 sur .

Recalculé le 11 juin 2026

Six arrêts parmi les indemnisations les plus élevées

Sélectionnés parmi les dossiers où le montant en jeu au titre du harcèlement est le plus élevé, ces six arrêts illustrent la diversité des issues : le harcèlement moral y est tantôt reconnu et indemnisé (jusqu'à 50 000 € à Paris), tantôt invoqué pour faire annuler un licenciement pour inaptitude, tantôt écarté par la cour. Une demande chiffrée élevée ne préjuge pas de son succès : la reconnaissance du harcèlement dépend des éléments de preuve, non du montant réclamé.

Recalculé le 11 juin 2026

Méthodologie
  • Cohorte : 1 017 arrêts de cour d'appel notés Veriscore A — le plus haut niveau de fiabilité de Themia — parmi les 2 977 arrêts de ce corpus portant sur la rupture du contrat de travail. Sont retenues les décisions comportant un poste de dommages-intérêts pour harcèlement moral ou sexuel.
  • Harcèlement moral et sexuel ne sont pas distingués : ils relèvent du même poste de réparation.
  • Montants : ils agrègent ce qui figure au poste harcèlement des décisions ; selon les arrêts, sommes effectivement allouées et montants demandés peuvent s'y mêler. Une valeur nulle signale les demandes écartées.
  • Issue du licenciement : la ventilation justifié / sans cause réelle et sérieuse / nul n'est calculée que sur les décisions où cette issue est identifiable ; les ruptures à l'initiative du salarié et les requalifications en sont, pour l'essentiel, absentes. Une nullité n'y est pas nécessairement prononcée au titre du harcèlement.
  • Effectifs : les ventilations sont calculées au niveau des événements d'indemnisation, plus nombreux que les décisions (un arrêt peut porter plusieurs postes). Les effectifs affichés reflètent donc des événements, non des arrêts.
  • Période : la cohorte est circonscrite aux décisions rendues de janvier 2024 à juin 2026 ; le corpus reste trop concentré dans le temps pour autoriser une lecture d'évolution.
Réserve

Ce rapport a été produit avec l'assistance d'une intelligence artificielle générative, sous la supervision de Christophe Quézel-Ambrunaz. Les chiffres et indicateurs sont calculés à partir du corpus Themia ; les interprétations restent à la charge du lecteur. Les références jurisprudentielles citées ont vocation à être vérifiées avant tout usage professionnel.

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