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Baux commerciaux

Faits générateurs du contentieux des baux commerciaux : demandes, motifs de rupture et enjeux indemnitaires

Panorama des événements qui conduisent au contentieux en matière de baux commerciaux — objet de la demande principale, motifs de résiliation, de refus de renouvellement et de déplafonnement — croisé avec les montants en jeu (arriérés, indemnité d'éviction, article 700). Cohorte de 4 340 décisions notées Veriscore A, rendues principalement par les cours d'appel et les tribunaux judiciaires.

4 340 décisions · Publié le 7 juin 2026

Le présent rapport cartographie les faits générateurs du contentieux des baux commerciaux à partir d'une cohorte de 4 340 décisions retenues au niveau de fiabilité le plus élevé (Veriscore A), rendues pour l'essentiel par les cours d'appel et les tribunaux judiciaires.

Il procède en deux temps. Une première partie décrit la nature des litiges : l'objet de la demande principale, puis, lorsque le bail est résilié ou non renouvelé, le motif invoqué. Une seconde partie rapporte ces faits générateurs aux montants en jeu — arriérés de loyers, indemnité d'éviction, indemnité de l'article 700 du code de procédure civile — afin de distinguer la fréquence d'un contentieux de son enjeu financier.

Sur quoi porte le litige

Le paiement des loyers et charges, la résiliation du bail et l'expulsion constituent à eux seuls près de 62 % des objets de demande recensés dans la cohorte. Aucune autre rubrique n'atteint une part de 20 %. Les contentieux propres au statut — fixation du prix du bail renouvelé, contestation de congé et renouvellement, évaluation de l'indemnité d'éviction — demeurent secondaires, la fixation du prix culminant à environ 7 %.

  1. Paiement des loyers et charges / Résiliation du bail / expulsion5 805 (61 %)
  2. Autres demandes1 813 (19 %)
  3. Fixation du prix du bail révisé ou renouvelé651 (7 %)
  4. Exécution de travaux à la charge du bailleur / garantie du bailleur453 (5 %)
  5. Contestation de congé / Renouvellement de bail280 (3 %)
  6. Evaluation / paiement de l'indemnité d'éviction255 (3 %)
  7. Nullité du bail commercial171 (2 %)
  8. Déspécialisation6 (0 %)
  9. Fixation du prix de cession du bail commercial en cas de préemption6 (0 %)
9 440 sur .

Recalculé le 7 juin 2026

Le premier fait générateur : l'impayé

Parmi les motifs de résiliation recensés, plus de trois sur quatre (environ 77 %) reposent sur des impayés de loyers ou de charges. Les autres motifs — défaut d'assurance, défaut d'entretien, cessation d'exploitation, non-respect de la clause de destination, travaux non autorisés, manquement du bailleur, sous-location non autorisée — forment ensuite une longue série, chacun pesant moins de 5 %.

  1. Impayés de loyers et/ou charges4 549 (77 %)
  2. Autre motif253 (4 %)
  3. Défaut d'assurance248 (4 %)
  4. Défaut d'entretien / réparations155 (3 %)
  5. Cessation d'exploitation137 (2 %)
  6. Non-respect de la clause de destination128 (2 %)
  7. Travaux non autorisés117 (2 %)
  8. Manquement du bailleur (résiliation aux torts du bailleur)115 (2 %)
  9. Sous-location non autorisée97 (2 %)
  10. Nuisances / troubles du voisinage76 (1 %)
  11. procedure_collective8 (0 %)
5 883 sur .

Recalculé le 7 juin 2026

Le refus de renouvellement : l'indemnité plutôt que le motif grave

Parmi les refus de renouvellement recensés, environ 70 % relèvent du refus sans motif, assorti du paiement d'une indemnité d'éviction. Le refus pour motif grave et légitime, qui dispense le bailleur de cette indemnité, vient loin derrière (de l'ordre de 10 %). Les motifs spécifiques — démolition-reconstruction, défaut d'entretien, cession irrégulière — restent marginaux.

  1. Sans motif — avec indemnité d'éviction225 (70 %)
  2. Autre motif grave et légitime32 (10 %)
  3. Non-paiement des loyers / charges17 (5 %)
  4. Démolition / reconstruction11 (3 %)
  5. Défaut d'entretien / réparations9 (3 %)
  6. Cessation d'exploitation sans motif légitime7 (2 %)
  7. Travaux / transformations non autorisés6 (2 %)
  8. Cession irrégulière du bail4 (1 %)
  9. Changement de destination non autorisé4 (1 %)
  10. Reprise pour habitation personnelle ou familiale4 (1 %)
  11. Sous-location non autorisée1 (0 %)
320 sur .

Recalculé le 7 juin 2026

Le déplafonnement du loyer renouvelé

Le déplafonnement du loyer renouvelé n'apparaît que dans une faible part de la cohorte. La durée effective du bail supérieure à douze ans en est le motif le plus fréquemment retenu (plus de 40 % des motifs recensés), devant la monovalence du local puis la modification des facteurs locaux de commercialité. Le faible effectif invite à ne lire cette répartition qu'à titre indicatif.

  1. Durée effective > 12 ans111 (42 %)
  2. Monovalence du local65 (25 %)
  3. Modification notable des facteurs locaux de commercialité46 (18 %)
  4. Modification notable des caractéristiques du local15 (6 %)
  5. Clause contractuelle écartant le plafonnement10 (4 %)
  6. Modification notable des obligations des parties7 (3 %)
  7. Autre motif5 (2 %)
  8. Modification notable de la destination3 (1 %)
262 sur .

Recalculé le 7 juin 2026

Constat marginal

La fréquence d'un fait générateur ne préjuge pas de son enjeu financier. Le contentieux de l'impayé, massif, se mesure le plus souvent en quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'euros. À l'inverse, l'indemnité d'éviction, qui n'apparaît que dans une minorité de décisions, se chiffre en dizaines, voire centaines de milliers d'euros. Les montants qui suivent éclairent ce contraste.

Arriérés de loyers : l'enjeu du contentieux de masse

Lorsqu'un arriéré de loyers est chiffré, la moitié des montants retenus sont inférieurs à 12 500 €. Un quart se situent sous 5 100 €, trois quarts sous 30 300 €. Une frange de dossiers atteint des montants nettement supérieurs : une décision sur dix dépasse 92 000 €.

92 100 €p905 100 €Q130 300 €Q312 500 €médiane
La moitié des observations s'étendent de 5 100 € à 30 300 € (médiane 12 500 €). .

Recalculé le 7 juin 2026

Indemnité d'éviction : l'enjeu du contentieux rare

Lorsqu'une indemnité de remplacement est chiffrée — composante centrale de l'indemnité d'éviction —, la valeur médiane avoisine 100 000 €, soit un ordre de grandeur sans rapport avec l'enjeu unitaire des contentieux d'impayés. Le quart supérieur des montants dépasse 350 000 €. L'effectif restreint commande de ne lire ces valeurs que comme des ordres de grandeur.

520 000 €p9030 900 €Q1359 000 €Q3103 000 €médiane
La moitié des observations s'étendent de 30 900 € à 359 000 € (médiane 103 000 €). .

Recalculé le 7 juin 2026

L'arriéré médian selon le fondement de la résiliation

L'arriéré médian varie avec le fondement de la résiliation. Il avoisine 12 700 € lorsqu'une clause résolutoire est mobilisée — de loin le cas le plus fréquent — et se situe à un niveau voisin pour le congé triennal ou à échéance (environ 12 000 €). Il est plus faible pour la résiliation judiciaire (environ 8 500 €). Les arriérés rattachés à une procédure collective, à une résiliation amiable ou à une autre résiliation légale ressortent à des médianes plus élevées, de l'ordre de 25 000 à 37 000 €.

Trier
Fondement juridique de la résiliationMédiane · Arriéré de loyers médian
  1. Autre résiliation légale127 (3 %)36 900 €
  2. Clause résolutoire3 669 (85 %)12 700 €
  3. Congé triennal / à échéance326 (8 %)12 000 €
  4. Résiliation amiable103 (2 %)27 200 €
  5. Résiliation en procédure collective170 (4 %)24 900 €
  6. Résiliation judiciaire428 (10 %)8 500 €
6 strates · 4 340 décisions au total.

Recalculé le 7 juin 2026

L'article 700 : l'accessoire systématique

L'indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile est un accessoire quasi systématique du contentieux. La moitié des montants retenus sont inférieurs à 1 900 €, trois quarts sous 3 350 €. Le montant unitaire reste donc modeste au regard des sommes principales en jeu.

190 €Q13 300 €Q31 900 €médiane
La moitié des observations s'étendent de 190 € à 3 300 € (médiane 1 900 €). .

Recalculé le 7 juin 2026

Méthodologie

Quelques points méthodologiques utiles à la lecture :

  • Les montants agrégés mêlent les sommes demandées et les sommes effectivement allouées, sans distinction. Ils donnent des ordres de grandeur du contentieux et ne constituent pas des taux de condamnation.
  • Les sommes allouées au titre de l'article 700 du code de procédure civile sont comptées par occurrence ; une même décision peut en comporter plusieurs.
  • Plusieurs ensembles — indemnité d'éviction, refus de renouvellement, déplafonnement — reposent sur un faible nombre de décisions au niveau de fiabilité retenu ; les valeurs correspondantes sont signalées et doivent être lues avec prudence.
  • Une même décision peut combiner plusieurs faits générateurs ; les ventilations par motif ne partitionnent donc pas la cohorte de façon exclusive.
Réserve

Ce rapport a été produit avec l'assistance d'une intelligence artificielle générative, sous la supervision de Christophe Quézel-Ambrunaz. Les chiffres et indicateurs sont calculés à partir du corpus Themia ; les interprétations restent à la charge du lecteur. Les références jurisprudentielles citées ont vocation à être vérifiées avant tout usage professionnel.

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